Les femmes et le travail

Pour en finir avec des idées reçues à propos du travail des femmes...

Les femmes ont toujours travaillé. Une histoire du travail des femmes aux XIXe et XXe siècles, de Sylvie Schweitzer, Paris, Odile Jacob, 2002.
 
Se demande-t-on depuis quand les hommes travaillent ? Non, bien sûr. Se demande-t-on pourquoi ils travaillent ? Pas plus. Les interroge-t-on pour savoir si le travail à temps partiel leur conviendrait, s'ils aimeraient se consacrer seulement à l'entretien de la maison et à l'éducation des enfants ? Guère. Pour les femmes, il en va tout autrement. Leur travail est toujours présenté comme fortuit et récent. On feint d'ignorer que les femmes ont aussi été paysannes, commerçantes, ouvrières, employées, infirmières, institutrices. Depuis toujours. Voici l'histoire de leurs métiers et de leur évolution au cours des deux derniers siècles. Mieux vaut être née après 1950 et surtout après 1970...(résumé de l’éditeur)

Un siècle de travail des femmes 1901-2011, de Margaret Maruani et Monique Meron, aux éditions La découverte, 2012.

 

Compter le nombre de femmes au travail dans la France du XXe siècle et conter l'histoire de ces chiffres, telle est l'ambition de ce livre. Au prix d'une recherche de grande ampleur, les auteures ont rassemblé - pour la première fois - les statistiques du travail, de l'emploi et du chômage des femmes de 1901 à 2011, ces chiffres basiques que l'on peine à retrouver dans le labyrinthe des publications statistiques.
À rebours des idées reçues, cet ouvrage met en évidence le poids indiscutable de l'activité laborieuse féminine dans le fonctionnement économique, sa remarquable constance, en dépit des crises et des récessions, par-delà les périodes de guerre et d'après-guerre. Jamais moins du tiers - et désormais près de la moitié - de la population active : telle est la part des femmes dans le monde professionnel au XXe siècle en France. Telle est la portée de leur force de travail.
Au fil des recensements de la population, les auteures analysent les fluctuations de la division sexuelle du travail, des métiers d'antan aux professions d'aujourd'hui, et décryptent, d'un début de siècle à l'autre, les illusions d'optique statistique. Un livre original et accessible, qui intéressera, au-delà des spécialistes, toutes celles et ceux qui sont attachés à comprendre comment se construisent les stéréotypes sur la place des femmes dans la société (présentation de l’éditeur)

 

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Femmes de pouvoir. Une histoire de l’égalité professionnelle en Europe (XIXe–XXIe siècles), Sylvie Schweitzer, Paris, Payot, 2010.

 

« Les femmes ont toujours travaillé » – contrairement au sens commun – ou plutôt au sens commun de la domination masculine…

Dans ce nouvel ouvrage, Sylvie Schweitzer retrace le parcours professionnel des femmes, à partir d’exemples concrets d’univers interdits, refusés ou délaissés par les femmes, du métier d’avocate à celui de policière, sans oublier bien sûr la médecine, ou encore l’administration publique, etc.

Elle repère trois phases de cette histoire de 1860 à nos jours : une première phase de levées lentes des interdits qui permettront à des pionnières d’investir certaines professions (1860-1920) ; une seconde, permettant un accès des femmes à de nouvelles professions devenues mixtes (1920-1970) ; enfin de 1970 à nos jours, toutes les professions sont désormais accessibles. Si des freins persistent, « la mixité professionnelle s’installe réellement » (p. 12).

Femmes en métiers d'hommes, il y a un siècle

Femmes en métiers d’hommes, cartes postales 1890-1920, Juliette Rennes, préface de Michelle Perrot, Editions chez bleu autour, 2013

 

Avocate, charpentière, doctoresse, colleuse d’affiches, cochère…En cette Belle Époque du féminisme et de l'antiféminisme, on débat sans fin sur le droit et la capacité des femmes à exercer des métiers auxquels  la loi leur interdit l'accès depuis des siècles. On imagine l'impossible avec un mélange d'admiration et de crainte. Mais certaines ouvrent la voie... A partir d'une collection, Juliette Rennes montre ces "femmes de l'avenir", mélange de fiction, de réalité, d'incrédulité, de ridicule, parfois presque de tendresse, et surtout, comme toujours pour les femmes qui transgressent les règles, d'érotisme soit sublimé, soit qui les ravale en bas...  

 

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Ci-dessous, cartes postales issues d'une série émise en 1902, intitulée Les Femmes de l'Avenir, sur les métiers de notre ministère, mises en scène par des actrices comme c'était le cas, la plupart du temps, pour ces figures de science-fiction. Même si déjà, certaines dans la réalité tentaient de pousser les portes, comme avocates, et si déjà, depuis le Moyen Age, les femmes étaient appelées à la rescousse en cas de feu. On notera le pantalon, ici hardiment porté, alors interdit par ordonnance du préfet aux femmes à Paris et ses alentours, sauf motif de santé.

 

GENERAL

POMPIER

 

GENDARME

 

Excès de vitesse d'une chauffeuse d'autotax

Ici, il ne s'agit plus de fantasmer sur les futures générales ou de se moquer d'éventuelles policières, mais une vraie femme, dans son métier de chauffeuse d'autotax (comprendre : taxi), en pleine séance de contravention par des policiers concentrés, parce qu'elle a dépassé la vitesse permise. Laquelle était alors très basse. Sans doute une inattention due à la pression subie de la part du client. Mme Decourcelle, héroïne de la scène, eut son heure de gloire vers 1907 comme première chauffeuse à Paris.

A l'heure où les femmes, dans plusieurs pays, en 2015, n'ont toujours pas le droit de conduire une voiture, saluons cette pionnière qui prenait en charge des hommes, renversant les rôles habituels, il y a un siècle.

 

Contre le feu, les femmes du Sud-Ouest pendant la Grande Guerre

Et voici de vraies sapeures-pompières, dans le Sud-Ouest, à pied d'oeuvre. Rien d'érotique, elles se rendent utiles dans une guerre qui a envoyé les hommes au front.

1918 : science fiction sur le féminisme de 1958

Clément Vautel, écrivain, journaliste, a publié en mai 1918 dans Je sais tout un article qui témoigne de l'angoisse et de la nostalgie que soulevait alors le progrès du féminisme. Il imagine la France de 1958 : les femmes ont accès à toutes les places, tous les titres, y compris la magistrature, les forces de l'ordre, l'Académie française... En 1955, même, la France élit une présidente de la République... Et l'on voit des scènes de rue inouies, comme ci-dessous, la dernière midinette, arrêtée par six gardiennes de la paix, et condamnée pour délit "de port d'un costume dit féminin, comprenant une jupe"...

Heureusement, on sort du cauchemar : un nouveau mouvement féministe rétablit l'ordre ancien, et un homme peut à nouveau dire à son épouse "apporte-moi mes pantoufles", même si elle est vice-présidente du conseil d'Etat...

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