Les femmes dans la Grande Guerre

En l'honneur des célébrations du centenaire de la Grande Guerre de 1914-1918, Femmes de l’Intérieur consacre un dossier spécial sur la place – centrale – occupée par les femmes dans ces années tragiques.

 

Si avant 1914, 8 millions des 20 millions de femmes travaillent déjà, la mobilisation des soldats et la pénurie de main d’œuvre dans de nombreux secteurs d’activité entraînent une participation massive des femmes à l’effort de guerre, que nous vous proposons de découvrir en images et textes.

 

Si durant la guerre la part relative des femmes au sein de la population active augmentera de 38 % à 46%,  si elles se manifestèrent tant par leur efficacité que par leurs grèves, la sortie du conflit n’entérinera malheureusement pas ces avancées : les femmes seront renvoyées des secteurs de l'économie nouvellement investis et resteront privées de droits politiques, notamment après le rejet par le Sénat du projet Dussaussoy proposant « d’accorder aux femmes le droit de vote dans les élections aux conseils municipaux, aux conseils d'arrondissement et aux conseils généraux ».

Une exposition au ministère de l'intérieur à l'occasion de la journée du patrimoine de septembre 2014

Les visiteurs venus à Beauvau découvrir nos locaux ont pu consulter les panneaux de l'exposition réalisée par la DICOM sur l'Intérieur dans la Grande Guerre. L'une des pages se consacre à la mobilisation des femmes au service de la population et de l'armée, dans les métiers d'hommes et même des métiers de l'Intérieur (dont les pompières de Toulouse), sans oublier la figure, mythique, des belles espionnes au service de l'ennemi, recherchées par la police. Voir l'exposition en ligne : ici.

Un article d'une des membres de Femmes de l'Intérieur

Du rêve du retour au rêve du vote...

Carte postale envoyée de Toulon en 1915. Collection M.-H. Dumeste.

Les femmes restées à l'arrière rêvaient, bien sûr, du retour des soldats, en général... Elles espéraient aussi que leurs efforts depuis plus d'un siècle, depuis la Révolution, pour obtenir le droit d'être pleinement citoyennes seraient enfin couronnés de succès. Le président Wilson n'a-t-il pas déclaré, dans la joie de la victoire des alliés, "sans les femmes, la guerre n'aurait pu être gagnée" ? Peine perdue.

 

Le gouvernement provisoire allemand donne les droits politiques aux femmes dès le 12 novembre 1918, et sur 310 candidates au Reichstag, 41 sont élues peu après.En Grande-Bretagne, une loi de mars 1918 ouvre le suffrage aux femmes de plus de trente ans (c'est vingt-et-un pour les hommes). En 1919, c'est le tour des Tchécoslovaques, des Suédoises, des femmes des Pays-Bas et du Luxembourg. En 1920, des Américaines, et (mais uniquement pour les municipales), des Belges.

J. Siegried, page du journal Lectures pour tous du 15 juin 1919. Collection M.-H. Dumeste.

En France, il faudra attendre encore vingt-quatre ans. Le vote favorable des députés est cassé par le refus des sénateurs en 1922. Epouses, veuves et filles rentrent au foyer. Et ce, malgré les revendications de nombreuses organisations féministes, dont la plus importante à l'époque est le Conseil national des femmes françaises. Dirigé de 1912 à 1922 par Julie Siegfried, le CNFF est fort de presque 100 000 membres en 1914.

Pour en savoir plus...

- Franck et Michèle Jouve, La Vraie histoire des Françaises, Chronique éditions, 2013

- Evelyne Morin-Rotureau, Françaises en guerre. 14-18, collectif, Autrement, 2013

- Jean-Jacques Schneider, Nicole Mangin : Une Lorraine au coeur de la Grande Guerre - L'unique femme médecin de l'armée française (1914-1918), 2011

- Le blog des femmes en uniforme

 

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