Quizz sur les femmes au ministère de l'intérieur

A l'occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, nous vous offrons un quizz sur les femmes au ministère de l'intérieur.

 

 

 Réponses détaillées

QUESTION 1

Qui furent les premières femmes recrutées en nombre important au ministère ?

A) Les dactylographes

B) Les « demoiselles du téléphone »

C)Les guichetières

Réponse A). Les dactylographes furent recrutées à partir de 1885 dans l’administration. Les « demoiselles du téléphone », elles, travaillaient dans les services de la Poste. Et à l’époque, on ne mettait pas des femmes aux guichets, car elles étaient considérées comme trop fragiles et nerveuses pour affronter le public.

QUESTION 2
Quel argument donnait en 1931 le décret qui a posé un quota limitatif de 50% de femmes dans les effectifs de rédacteurs d'administration?

A) Les piètres compétences et résultats des femmes déjà recrutées

B) Leurs absences répétées pour ma maternité et pour s'occuper des enfants

C) La préférence à donner aux jeunes hommes futurs pères de famille

Réponse : "Leur valeur intellectuelle ne saurait être mise en question (...) à l'heure où de nombreux jeunes gens diplômés, futurs chefs de famille, rencontrent les plus grandes difficultés dans la recherche d'un emploi, il est juste que l'administration réserve sa préférence aux candidats plutôt qu'aux candidates". C'est à partir de 1919 que les concours de rédacteurs sont ouverts aux femmes. Quelques années plus tard, on s'inquiète de la place prépondérantes qu'elles pourraient y prendre, d'où ces quotas.

QUESTION 3

Quel pourcentage de femmes compte actuellement l’Intérieur ?

A) 56%

B) 40%

C) Moins de 30%

Réponse C). 27,9%. C’est l’un des moins féminisés, avec l’écologie-développement durable-transports et logement. Les ministères les plus féminisés sont l’Éducation nationale (70 %) et les ministères sociaux (65 %)

QUESTION 4
Depuis quand les femmes peuvent-elles devenir sapeur-pompier ?

A) Depuis la création du premier corps professionnel, en 1716

B) Depuis la Première Guerre mondiale

C) Depuis la fin du XXe siècle

Réponse C. Depuis un décret de 1976, et dès 1978, la moitié des départements avaient recruté des femmes. Au Moyen Âge les municipalités faisaient obligation aux femmes de participer à la lutte contre le feu en formant la chaîne des seaux, sous peine d’amende, voire de prison. Ces réquisitions ont perduré longtemps. Durant la Première guerre mondiale, les femmes remplacèrent dans la lutte contre le feu les hommes qui étaient au front, mais ne sont pas admises ensuite dans le métier.

QUESTION 5
Depuis quand les femmes ont-elles le droit de devenir policière ?

A) 1945

B) 1972

C)1992

Réponse B). 1972, date de l’ouverture du concours d’inspecteur et d’enquêteur. Suivent les commissaires en 1974, les officiers de paix et gardiens de la paix en 1982. En fait, dès 1935 la préfecture de police de Paris avait recruté des « assistantes de police », puis en 1965 des contractuelles « auxiliaires de police », mais durant plusieurs décennies, mais ces femmes en uniforme furent affectées à des tâches jugées « féminines » : protection des mères et des enfants en danger, accueil du public, surveillance des écoles lors des entrées et sorties d’élèves…

QUESTION 6
Qui est la commissaire Marion ?


A) La commissaire de police héroïne des polars publiés par Danielle Thiéry, qui fut, elle-même, l'une des premières commissaires

B) L'héroïne de la série télévisée Engrenages

C) L'héroïne, aux côtés de Maigret, du seul roman d'anticipation policière de Simenon, totalement oublié et resté à l'état de manuscrit

Réponse A) Danielle Thiery a notamment obtenu le Prix du Quai des Orfèvres 2013 pour son roman Des clous dans le coeur (Fayard). Cliquez ici pour découvrir son site internet.
La policière de la série Engrenages est la capitaine Laure Berthaud, membre de la direction de la police judiciaire. Le roman d'anticipation de Simenon évoqué dans ce quizz est une pure invention...

QUESTION 7
Les concours d'officiers et sous-officiers de gendarmerie sont ouverts aux candidates depuis 1983. Mais quand a été nommée la première générale de brigade?


A) 1981

B) 2000

C) 2013

Réponse C). Il s'agit d'Isabelle Guion de Méritens, formée à Saint-Cyr, une des deux premières à intégrer l'école des officiers de la gendarmerie nationale en 1987. Première colonelle en 2006. Elle est à ce jour la seule générale de gendarmerie. Saint-Cyr s'est ouverte aux femmes en 1983. Jusqu'à cette date, les femmes étaient essentiellement employées dans les fonctions administratives : volontaires du service national (1972), engagées du rang (1977), sous-officières de la spécialité "emploi administratif et d'état-major" (1979). L'ouverture du corps des officiers et sous-officiers leur permet ainsi d'accéder à davantage de fonctions, en particulier dans les unités territoriales de la gendarmerie départementale.

QUESTION 8
Dans quel corps de la gendarmerie les femmes sont-elles les plus nombreuses ?

A) Sous-officiers de gendarmerie

B) Gendarme adjoint volontaires

C) Officier de gendarmerie

Réponse A). C'est parmi les sous-officiers de gendarmerie que les femmes sont les plus nombreuses, avec 8 638 personnels sur un total de 16 116 militaires féminins (31 décembre 2014).

QUESTION 9
Saviez-vous que lorsque les concours de la police et de la gendarmerie se sont ouverts aux femmes, des quotas restrictifs ont été fixés durant une vingtaine d’années ? Quels étaient ces pourcentages à ne pas dépasser?

A) 5 à 10% maximum de postes ouverts aux concours pour les femmes ;

B) 20 %

C) 40%

Réponse A). De 5%, ces quotas ont été ensuite portés à 5,5% en 1985, puis à 6% en 1986 et 7,5% en 1994 pour les concours de la gendarmerie. Il en a été de même dans la police. La France, condamnée pour discrimination par un arrêt de la Cour de Justice des Communautés Européennes en 1988, les abandonna progressivement. Ils subsistèrent jusqu’en 1998 pour les commissaires.

QUESTION 10
Qui était Yvette Chassagne?

  • La première préfète

  • La première commissaire divisionnaire

  • La première officière de gendarmerie

Réponse A) En 1981, Yvette Chassagne devint préfète du Loir-et-Cher. L’École nationale d’administration (ENA) fut mixte dès sa création, mais la préfectorale fut interdite aux femmes jusqu’en 1974, comme, par exemple, l’inspection des finances. Yvette Chassagne, une des premières femmes entrée à l’ENA en 1947, avait aussi été l’une des premières sous-préfètes. La première préfète de région fut nommée en 1996 en Lorraine. Fin 2014, on comptait 15,7% de préfètes, 25,2% de sous-préfètes, et une préfète de région seulement.

QUESTION 11
Depuis quand le comportement des épouses (ou époux) de préfets et sous-préfets ne fait-il plus partie de leur évaluation par le ministère ?

A) Depuis que les femmes sont entrées dans la préfectorale, en 1974

B) Depuis 1981, date de la nomination de la première femme préfète

C) Depuis 1987

Réponse C) L'usage de la notice individuelle ou "statistique personnelle et morale" remonte à 1810. Sur quels critères jugeait-on alors le préfet ou sous-préfet? "Ses talents, sa position, sa fortune, sa famille". Comme dans la diplomatie, la conjointe jouait un rôle important, par sa fortune et ses relations, la tenue et la gestion de la résidence, le protocole, les réceptions... Dans son ouvrage de 1957 Les préfets de Napoléon, Jean Savant a publié des notes administratives des préfets dont certaines peu tendres sur les épouses. Par exemple : "Plus douée pour le ménage que pour la réception". Jusqu'en 1987, la fiche d'évaluation comporte une rubrique sur le comportement de l'épouse, tant il était peu imaginable qu'un célibataire prenne un tel poste.

QUESTION 12
Depuis quand les préfètes et sous-préfètes peuvent-elles porter un uniforme avec pantalon ?

A) Depuis qu’elles ont le droit d’entrer dans la carrière, en 1974

 

B)Depuis que la première préfète l’a demandé et obtenu, en 1981

 

C) Depuis fin 2009

Réponse C) Les policières et gendarmes, avaient eu ce droit bien avant, pour des raisons évidentes : le pantalon, vêtement fermé qui permet tous les mouvements, de supporter des températures basses et de respecter la décence en de nombreuses occasions dont le dépôt de gerbe. A ce propos, un savoureux témoignage rapporté par Christine Bard dans Une histoire politique du pantalon. Il ne s’agit pas de la préfectorale, mais la scène aurait pu s’y passer jusqu’à il y a quatre ans : une enseignante au petit lycée Henri-IV en 1969 se fait rabrouer par son proviseur parce qu’elle portait le pantalon un jour de grand froid. « Mais, monsieur le proviseur, à partir de combien de degrés en dessous de zéro peut-on porter le pantalon ? » « Je ne sais pas, j’en porte toujours un ». Les Polytechniciennes se sont battues pour avoir le droit de porter des bottes au lieu des escarpins qu’on leur a imposés en 1972, notamment lors des longs et froids défilés du 11 novembre. Elles ont aussi obtenu ce droit pour le défilé du 14 juillet.

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