7 mars 2013 - Petit-déjeuner sur l'égalité à la gendarmerie de Sélestat

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, un petit déjeuner a réuni une trentaine de femmes et deux hommes à la Gendarmerie de Sélestat (Bas-Rhin). « Femmes de l'Intérieur » y participait. Une journaliste des DNA (dernières nouvelles d'Alsace) était également présente.

 

Il faut souligner que l’initiative de cette rencontre revient à un homme, le chef d’escadron Alain Pasquier qui en a fait la proposition à la sous-préfète de Sélestat, Marie-Christine Bernard-Gélabert (membre de Femmes de l’Intérieur) qui a aussitôt accepté et m’a conviée à participer à la rencontre afin de présenter l’association.

 

Des femmes œuvrant dans tous les périmètres de compétence du ministère (gendarmerie, police, pompiers, administration générale) étaient présentes et ont apporté leur témoignage sur les difficultés qu’elles ont pu rencontrer mais aussi sur la passion qui les anime.

 

Il en ressort que la conciliation vie familiale – vie professionnelle est le facteur le plus pénalisant pour l’accession des femmes aux métiers comportant de fortes contraintes opérationnelles et que les conditions de la réussite sont : l’accompagnement par un conjoint (quand conjoint ou compagnon il y a!) prêt à partager les contraintes familiales, le soutien de la hiérarchie et une bonne dose de ténacité.

Les femmes qui ont franchi le pas soulignent unanimement le plaisir qu’elles ont à exercer un métier qui est aussi une passion. Dans les services opérationnels (forces de l’ordre, pompiers), les femmes s’estiment plutôt soutenues par leurs collègues masculins (même si quelques comportements sexistes peuvent subsister mais restent marginaux).

 

Les grossesses (et les éventuels congés parentaux qui s’ensuivent) sont parfois vécues comme problématiques. Paradoxalement, c’est dans les fonctions d’administration générale (et de la part de supérieurs hiérarchiques femmes) que les expériences les plus douloureuses ont été vécues. Ainsi, une femme s’est entendu dire, à l’annonce d’une grossesse, que les femmes qui souhaitent être cadres doivent renoncer à leur vie familiale. Mais des difficultés systémiques existent également. Par exemple, une femme gendarme dont le mari travaille dans le privé rappelle qu’un congé parental signifie devoir quitter le logement de fonction dont on bénéficie ce qui est un frein à la prise d’un tel congé.

 

La rencontre a également été l’occasion de présenter « Femmes de l’Intérieur » qui a suscité un grand intérêt de la part des femmes présentes (et aussi des hommes) certaines d’entre elles regrettant cependant que l’adhésion soit réservée « à l’élite » (femmes exerçant déjà des responsabilités de haut niveau).

 

Au final, la matinée a été riche de témoignages, d’anecdotes mais aussi d’émotions, certaines femmes relatant des expériences difficiles dont elles ont encore du mal à parler.

 

De l’avis général, l’expérience est à réitérer.

 

Annie Bénétreau – Membre du CA de Femmes de l’Intérieur

Version imprimable Version imprimable | Plan du site Recommander ce site Recommander ce site
© Association Femmes de l'Intérieur