Les discours et entretiens

                              2018

8 mars 2018

 

Annie Bénétreau vient de rejoindre la communauté PTS en tant que directrice adjointe du laboratoire de police scientifique de Marseille. Elle nous parle de son parcours, de ce qui l’anime, et de la place des femmes dans la fonction publique.

 

« Le fil conducteur de ma carrière professionnelle, c’est être utile aux autres »


En quoi consiste votre travail au quotidien ?
Principalement à travailler à l’organisation de l’activité du laboratoire. Cela va des questions générales de pilotage à un accompagnement personnalisé des agents. Ce qui me passionne particulièrement, c’est de travailler aux côtés des différents services à la mise en place de grands projets, que ce soit pour la démarche qualité ou encore le logiciel LIMS V2, nouvel outil de gestion centralisée des scellés.


Aviez-vous imaginé un jour occuper de telles fonctions ?
Je n’ai jamais eu de plan de carrière tout fait, je n’avais rien imaginé. Je me suis avant tout laissée porter par mes centres d’intérêts : j’aime apprendre des choses nouvelles, découvrir de nouveaux environnements. Le fil conducteur de ma carrière professionnelle, c’est être utile aux autres. Cela transparaissait déjà dans mes premières expériences professionnelles au sein du monde associatif.
En intégrant la fonction publique, et en travaillant plus particulièrement au sein de Préfectures, j’ai pu développer cette volonté d’engagement tout en trouvant une certaine stabilité professionnelle.

Lorsque j’ai vu l’annonce pour le poste de directeur(e) adjoint(e), j’ai eu envie de me lancer. Ayant toujours eu une appétence pour les matières scientifiques, cela me paraissait logique. Les deux expériences qui m’ont le plus marquée jusqu’ici étaient des postes opérationnels, pour lesquels j’étais en relation avec des scientifiques. Je m’y suis vraiment sentie utile, avec des problématiques concrètes à gérer. Je retrouve tout cela aujourd’hui, au laboratoire de Marseille.
 

Dates clés

Depuis janvier 2018 - Directrice adjointe du LPS 13

2010 - Préfecture du Bas-Rhin - Directrice du service interministériel régional des affaires civiles et économiques de défense et de la protection civile

2001 - Préfecture du Bas-Rhin - Chef du bureau de l'aménagement du territoire et des finances de l'État

2005 - Concours Attachée principale de Préfecture



Comment votre carrière a-t-elle évolué vers des postes à responsabilité ?
Cela s’est fait progressivement.
J’ai d’abord occupé des postes d’animation et de coordination dans des associations qui m’ont naturellement amenée à travailler en réseau et en équipe.
En 1998, je suis devenue adjointe au chef du bureau de l’environnement à la Préfecture du Bas-Rhin. Droit de l’environnement, procédures d’enquête publique, coordination inter services… je me suis éclatée !
Puis, une opportunité s’est présentée : le poste de chef du bureau de l’aménagement du territoire et des finances de l’État. Il fallait reconstituer l’équipe, réorganiser un service... un vrai challenge ! Je me suis dit « fonce ! ».


Quelle est votre perception du management ?
J’aime le management participatif, maintenir un véritable esprit d’équipe. Ce n’est pas mon truc de simplement donner des ordres et attendre qu’ils soient exécutés. Pour moi, le management relève plus du  coaching sportif. Ce que j’aime, c’est voir une équipe se dépasser, se mobiliser sur des projets.

Autre aspect essentiel pour moi, assurer aux agents un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Je ne crois pas qu’un agent qui reste jusqu’à 20 heures au bureau est forcément plus productif. Il ne faut pas négliger le temps pour les loisirs, les congés, la famille… On doit aussi se ressourcer pour retrouver sa force de travail !
 

 

« Nous sommes forces de proposition auprès du ministère pour travailler sur les freins aux carrières des femmes. »


Vous faites partie de l’association Femmes de l’Intérieur depuis sa création en 2013. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
C’était comme une évidence lorsque l’association s’est créée : il y avait plus de 100 personnes dans la salle, et une vraie ambiance de complicité, de solidarité était palpable.
Il n’y avait pas d’hostilité envers les hommes, pas de combat comme ça. C’était très positif. Cet état d’esprit m’a plu : j’ai intégré le conseil d’administration avant de devenir trésorière adjointe.

L’association a pour objectif d’accompagner les femmes et de les encourager à prendre des responsabilités. Des actions de mentorat sont mises en place, et on est force de proposition auprès du ministère pour travailler sur les freins aux carrières des femmes.


Avez-vous un jour ressenti ces freins dont vous parlez ?
Je ne peux pas dire que je les aie éprouvés moi-même. Lorsque j’ai travaillé en préfecture et que ma carrière a commencé à évoluer, je n’ai pas senti de réticence.
En revanche, ce qui m’a frappé en gravissant les échelons, c’est qu’il y avait de moins en moins de femmes autour de moi. Un jour, lors d’une réunion stratégique à laquelle assistaient 25 personnes, j’ai soudain réalisé que j’étais la seule femme présente. Je me suis dit : « là, il y a un problème ! ».
Aujourd’hui, même si je ne fais plus partie du conseil d’administration de Femmes de l’Intérieur, je suis toujours adhérente et reste convaincue du rôle primordial de son action.


Quel conseil donneriez-vous à une femme qui souhaite occuper un poste à responsabilité ?
Si vous en avez envie, foncez et osez ! Il y a des freins sociétaux, institutionnels et surtout beaucoup d’auto-censure. Je vous conseille à ce sujet le livre Les femmes et la haute fonction publique, (Bénédicte Boyer, éditions Lextenso, 2013) qui rassemble des témoignages sur l’égalité professionnelle dans le secteur public : c’est passionnant et très révélateur.

 

                              2017

27 février 2017

 

Les discours de la présidente de l'association, Marie-France Monéger-Guyomarc'h, et du ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux.

                             2015

15 décembre 2015

Les discours de la présidente de l'association, Marie-France Monéger-Guyomarc'h, et du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

                             2014

25 novembre 2014

 

Le discours de la présidente de l'association, Marie-France Moneger-Guyomarc'h,

en présence de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur

 

                              2013

3 décembre 2013

 

Le discours de la présidente de l'association et du ministre de l'Intérieur au dîner-débat à l'Assemblée nationale

 

 

 

Dépêche de l'AFP de Pauline Talagrand, sous forme d'entretien

avec la présidente de l'association, Marie-France Monéger-Guyomarc'h

 


Féminisation de l'Intérieur: "Nous ne voulons pas prendre la place des hommes"


PARIS, 3 décembre 2013 (AFP) - Faire prendre conscience aux femmes du ministère de l'Intérieur de leur valeur pour qu'elles puissent exprimer leur ambition, sans pour autant prendre la place des hommes: c'est l'objectif que s'est fixé la présidente de l'association "Femmes de l'Intérieur", Marie-France Monéger, également directrice de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). L'association organise mardi soir son premier dîner-débat à l'Assemblée nationale, en présence du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.


QUESTION: Quel est l'objectif recherché par "Les femmes de l'Intérieur"?


REPONSE: "Notre ambition est triple: faire connaître les métiers de l'Intérieur pour donner envie aux femmes d'y faire carrière, créer un réseau professionnel d'entraide et combattre les stéréotypes du genre: +les femmes sont meilleures à la formation ou dans les ressources humaines et les hommes excellent sur les postes opérationnels+. Le succès de ce réseau, qui compte déjà plus de 150 femmes en responsabilité, des quatre composantes du ministère (police, gendarmerie, corps préfectoral, sapeurs-pompiers), a été immédiat, bien au-delà des espérances de ses initiatrices. Ce qui prouve, si besoin était, que ce réseau répond à une véritable attente. Toutes rejoignent l'association pour faire part de leurs questions, voire de leurs problèmes mais aussi pour faire avancer la cause des femmes. Pour cela, nous avons fait le choix d'un réseau 100% féminin, parce qu'il faut, au début tout du moins, que cette expression soit complètement libre".


Q: Quelles sont les embûches rencontrées par les femmes au sein du ministère de l'Intérieur?


R: "Les métiers de l'Intérieur sont des métiers contraignants, difficiles, à forte mobilité géographique. Autant de difficultés pour les femmes, qui aspirent naturellement à concilier vie professionnelle et vie familiale. Sur l'avancement, nous avons constaté que les femmes s'autocensurent davantage que les hommes et n'expriment leurs aspirations qu'à condition d'être tout à fait sûres de pouvoir assumer des responsabilités supérieures. Enfin, notre ministère n'échappe pas aux stéréotypes. Qu'est-ce qui permet à certains de dire que les femmes sont moins disponibles que les hommes? Par ailleurs, la féminisation n'est pas intervenue de manière égale au sein du ministère. Les femmes sont de plus en plus présentes dans le corps préfectoral (33%) et la police (20%); elles sont moins nombreuses dans la gendarmerie (16%) et encore trop peu représentées à la sécurité civile. Et les chiffres tombent dès lors qu'on monte dans la hiérarchie. Il y a beaucoup à faire en termes de propositions d'action".


Q: L'application de la loi du 12 mars 2012, qui impose la nomination d'un certain nombre de femmes aux emplois supérieurs et de direction, va-t-elle bouleverser cet état de fait?


R: "La loi va incontestablement changer la donne en imposant la nomination de femmes. La loi prévoit 40% de nominations d'ici 2018 alors que les femmes représentent moins de 30% des effectifs dans ce ministère. Le vrai enjeu aujourd'hui est de créer, notamment via le programme Ariane 2018, des viviers de femmes, de leur proposer un parcours professionnel formateur, de valoriser leurs compétences et de les préparer à ces postes dans les meilleures conditions. Nous avons des collègues qui, à tout le moins, se posent des questions, qui nous voient parfois comme des concurrentes et qui, pour certains, craignent que, du fait de la loi, nous leur prenions des postes et les empêchions de faire la carrière qu'ils méritent. Nous ne voulons pas prendre la place des hommes, nous voulons seulement assumer la nôtre, par rapport à nos compétences et notre valeur. Nous sommes par ailleurs persuadées que certaines de nos aspirations, par exemple celles relatives au temps et à l'organisation du travail ou la mobilité, sont partagées par les hommes".

 


Propos recueillis par Pauline TALAGRAND

Texte : © 1994-2013 Agence France-Presse

 

     Photographie : ©MI/SG/DICOM/E.DELELIS

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