Les discours et entretiens

                              2017

27 février 2017

 

Les discours de la présidente de l'association, Marie-France Monéger-Guyomarc'h, et du ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux.

                             2015

15 décembre 2015

Les discours de la présidente de l'association, Marie-France Monéger-Guyomarc'h, et du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

                             2014

25 novembre 2014

 

Le discours de la présidente de l'association, Marie-France Moneger-Guyomarc'h,

en présence de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur

 

                              2013

3 décembre 2013

 

Le discours de la présidente de l'association et du ministre de l'Intérieur au dîner-débat à l'Assemblée nationale

 

 

 

Dépêche de l'AFP de Pauline Talagrand, sous forme d'entretien

avec la présidente de l'association, Marie-France Monéger-Guyomarc'h

 


Féminisation de l'Intérieur: "Nous ne voulons pas prendre la place des hommes"


PARIS, 3 décembre 2013 (AFP) - Faire prendre conscience aux femmes du ministère de l'Intérieur de leur valeur pour qu'elles puissent exprimer leur ambition, sans pour autant prendre la place des hommes: c'est l'objectif que s'est fixé la présidente de l'association "Femmes de l'Intérieur", Marie-France Monéger, également directrice de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). L'association organise mardi soir son premier dîner-débat à l'Assemblée nationale, en présence du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.


QUESTION: Quel est l'objectif recherché par "Les femmes de l'Intérieur"?


REPONSE: "Notre ambition est triple: faire connaître les métiers de l'Intérieur pour donner envie aux femmes d'y faire carrière, créer un réseau professionnel d'entraide et combattre les stéréotypes du genre: +les femmes sont meilleures à la formation ou dans les ressources humaines et les hommes excellent sur les postes opérationnels+. Le succès de ce réseau, qui compte déjà plus de 150 femmes en responsabilité, des quatre composantes du ministère (police, gendarmerie, corps préfectoral, sapeurs-pompiers), a été immédiat, bien au-delà des espérances de ses initiatrices. Ce qui prouve, si besoin était, que ce réseau répond à une véritable attente. Toutes rejoignent l'association pour faire part de leurs questions, voire de leurs problèmes mais aussi pour faire avancer la cause des femmes. Pour cela, nous avons fait le choix d'un réseau 100% féminin, parce qu'il faut, au début tout du moins, que cette expression soit complètement libre".


Q: Quelles sont les embûches rencontrées par les femmes au sein du ministère de l'Intérieur?


R: "Les métiers de l'Intérieur sont des métiers contraignants, difficiles, à forte mobilité géographique. Autant de difficultés pour les femmes, qui aspirent naturellement à concilier vie professionnelle et vie familiale. Sur l'avancement, nous avons constaté que les femmes s'autocensurent davantage que les hommes et n'expriment leurs aspirations qu'à condition d'être tout à fait sûres de pouvoir assumer des responsabilités supérieures. Enfin, notre ministère n'échappe pas aux stéréotypes. Qu'est-ce qui permet à certains de dire que les femmes sont moins disponibles que les hommes? Par ailleurs, la féminisation n'est pas intervenue de manière égale au sein du ministère. Les femmes sont de plus en plus présentes dans le corps préfectoral (33%) et la police (20%); elles sont moins nombreuses dans la gendarmerie (16%) et encore trop peu représentées à la sécurité civile. Et les chiffres tombent dès lors qu'on monte dans la hiérarchie. Il y a beaucoup à faire en termes de propositions d'action".


Q: L'application de la loi du 12 mars 2012, qui impose la nomination d'un certain nombre de femmes aux emplois supérieurs et de direction, va-t-elle bouleverser cet état de fait?


R: "La loi va incontestablement changer la donne en imposant la nomination de femmes. La loi prévoit 40% de nominations d'ici 2018 alors que les femmes représentent moins de 30% des effectifs dans ce ministère. Le vrai enjeu aujourd'hui est de créer, notamment via le programme Ariane 2018, des viviers de femmes, de leur proposer un parcours professionnel formateur, de valoriser leurs compétences et de les préparer à ces postes dans les meilleures conditions. Nous avons des collègues qui, à tout le moins, se posent des questions, qui nous voient parfois comme des concurrentes et qui, pour certains, craignent que, du fait de la loi, nous leur prenions des postes et les empêchions de faire la carrière qu'ils méritent. Nous ne voulons pas prendre la place des hommes, nous voulons seulement assumer la nôtre, par rapport à nos compétences et notre valeur. Nous sommes par ailleurs persuadées que certaines de nos aspirations, par exemple celles relatives au temps et à l'organisation du travail ou la mobilité, sont partagées par les hommes".

 


Propos recueillis par Pauline TALAGRAND

Texte : © 1994-2013 Agence France-Presse

 

     Photographie : ©MI/SG/DICOM/E.DELELIS

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